Le Québec se définit par un réseau électrique presque entièrement hydroélectrique, par un système de plafonnement et d’échange de droits d’émission lié à celui de la Californie, et par des cibles de 37,5 % sous les émissions de 1990 d’ici 2030 et de carboneutralité d’ici 2050.
Une économie diversifiée, axée sur les services, avec des forces en aérospatiale, en aluminium, en foresterie et dans les mines, s’appuie sur une hydroélectricité propre, abondante et peu coûteuse; les exportations sont dominées par les aéronefs, l’aluminium sous forme brute et les minerais de fer.
Quatre secteurs totalisent 66,3 Mt, soit 86 % des émissions provinciales. L’électricité s’ajoute comme cinquième priorité non pas parce qu’elle émet, mais parce que l’abondance de l’hydroélectricité propre est l’habilitant dont tout le reste dépend.
| Secteur | Mt éq. CO₂ | Part |
|---|---|---|
| Transports | 30,7 Mt | 40 % |
| Industrie lourde | 17,9 Mt | 23 % |
| Bâtiments | 8,9 Mt | 11 % |
| Agriculture | 8,8 Mt | 11 % |
| Électricité | 0,4 Mt | 1 % |
| Autres émissions | 10,9 Mt | 14 % |
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De loin la principale source d'émissions au Québec. Comme le réseau électrique est déjà presque exempt d'émissions, le transport routier constitue le défi déterminant, et la réponse se joue à grande échelle : 2 millions de véhicules électriques visés d'ici 2030, une norme VZÉ de 100 % d'ici 2035 et 110 000 bornes de recharge publiques de niveau 2.
Emploi : le transport et l'entreposage représentent environ 4,9 % de l'emploi au Québec.
Le transport des marchandises soutient 124,3 G$ d'exportations totales; environ 70 % sont destinées aux États-Unis.
La production d'aluminium, le ciment, les produits chimiques ainsi que les pâtes et papiers sont les principaux moteurs des émissions industrielles, y compris des émissions de procédés qu'un simple changement de combustible ne peut éliminer. Comme l'électricité québécoise est propre, l'électrification de la chaleur industrielle s'impose comme l'option de tête, aux côtés de la conversion énergétique en remplacement du gaz naturel et de la bioénergie.
PIB : la fabrication est un secteur majeur du PIB. Emploi : la fabrication emploie environ 501 000 personnes au Québec.
Exportations : aéronefs, 12,4 G$; aluminium, 8,9 G$; minerai de fer, 4,0 G$; produits du bois, 3,5 G$.
Le chauffage des locaux et de l'eau au gaz naturel et au mazout est le principal moteur des émissions des bâtiments. Comme l'électricité disponible est presque exempte d'émissions, les thermopompes s'imposent comme l'option de tête, appuyées par les rénovations écoénergétiques et le resserrement du code de construction.
PIB : l'immobilier et la construction comptent parmi les principaux secteurs du PIB. Emploi : la construction emploie environ 316 000 personnes au Québec.
Exportations de biens liés au bâtiment : le bois et les produits du bois forment une catégorie d'exportation importante.
Le méthane du cheptel et l'oxyde nitreux issu de la gestion des sols sont les principaux moteurs des émissions agricoles, la production laitière étant le plus important sous-secteur. Le Québec vise une réduction de 5 % des émissions liées à la gestion des sols et de 6 % du méthane du cheptel d'ici 2030, par rapport aux niveaux de 2017.
51 000 emplois dans la production agricole; la production laitière est le plus important sous-secteur, avec 24 % des recettes agricoles, et le Québec fournit 36,9 % du lait canadien.
Exportations agroalimentaires : 12,6 G$ en 2024, avec en tête le porc (1,8 G$), les produits de l'érable et du miel (0,96 G$) et les céréales (0,90 G$); 72 % sont destinées aux États-Unis.
L'électricité est une source d'émissions négligeable, avec 94 % d'hydroélectricité et 1,2 g éq. CO₂/kWh, et son importance tient à son rôle habilitant pour l'électrification de l'ensemble de l'économie. Il s'agit maintenant de maintenir et d'accroître l'approvisionnement hydroélectrique propre et de développer l'éolien à mesure que le transport, l'industrie et les bâtiments s'électrifient.
Production : 195,5 TWh en 2023 (94 % d'hydroélectricité), soit la moitié de l'hydroélectricité canadienne; 45 189 MW de capacité renouvelable installée.
Exportations d'électricité : Hydro-Québec a vendu 15,1 TWh à l'extérieur du Québec en 2024; interconnexions avec l'Ontario, le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Angleterre et l'État de New York.
Détails à venir pour Autres émissions.
| Actions | Poids du secteur |
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TRANSPORTS
Accélérer l'électrification des transports et le transfert modal
Viser 2 millions de véhicules électriques d'ici 2030 et 100 % de ventes VZE d'ici 2035, porter la recharge publique à 110 000 bornes de niveau 2 et accroître la part modale du transport actif et du transport collectif.
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39,6 % des émissions |
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INDUSTRIE LOURDE
Décarboner l'industrie lourde par l'électrification, la conversion énergétique et l'innovation dans les procédés
Soutenir les grands émetteurs par le programme MADI, tirer parti de l'électricité propre pour électrifier la chaleur industrielle et réduire les émissions de procédés de la production d'aluminium, du ciment et des produits chimiques.
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23,1 % des émissions |
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BÂTIMENTS
Déployer à grande échelle l'électrification des bâtiments et les rénovations écoénergétiques
Accélérer le passage du chauffage au gaz naturel et au mazout vers les thermopompes dans les bâtiments résidentiels et commerciaux, avec l'appui d'un resserrement du code de construction et d'aides financières à la rénovation.
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11,5 % des émissions |
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AGRICULTURE
Réduire les émissions agricoles par la gestion des sols et la maîtrise du méthane du cheptel
Viser une réduction de 5 % des émissions liées à la gestion des sols agricoles et de 6 % du méthane du cheptel d'ici 2030, par rapport aux niveaux de 2017.
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11,4 % des émissions |
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ÉLECTRICITÉ
Accroître l'approvisionnement en électricité propre et la capacité du réseau pour permettre l'électrification
Le réseau est déjà presque exempt d'émissions, à 0,4 Mt : la contrainte tient à l'approvisionnement plutôt qu'à l'intensité. Le Plan d'action 2035 d'Hydro-Québec vise de 8 000 à 9 000 MW de capacité additionnelle et environ 60 TWh de production supplémentaire d'ici 2035, dont de 3 800 à 4 200 MW d'hydroélectricité, en plus de nouveaux parcs éoliens et solaires et de nouvelles installations de stockage, ainsi que 5 000 km de nouvelles lignes de transport, alors que la demande devrait doubler d'ici 2050.
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