L’acier est un matériau fondateur de l’économie industrielle canadienne : il alimente les chaînes d’approvisionnement de la construction, de l’automobile, de l’énergie et de la fabrication. La quasi-totalité des émissions du secteur provient d’une seule filière de production, la fabrication de fonte au haut fourneau alimenté au charbon jumelée à l’aciérie à oxygène. La filière du four à arc électrique, qui fonctionne aujourd’hui surtout à partir de ferraille recyclée, est déjà beaucoup plus propre, mais la ferraille seule ne peut répondre à toute la demande : décarboner la production primaire de fonte demeure donc essentiel.
Deux obstacles structurels se dressent. D’abord, un haut fourneau fonctionne des décennies entre deux réfections, et les mises à niveau récentes des sites canadiens ont repoussé cette fenêtre de renouvellement, ce qui réduit la marge de manoeuvre pour changer de technologie à court terme. Ensuite, le fer réduit directement à l’hydrogène, principal candidat pour une production propre de fonte, n’a pas encore fait ses preuves à l’échelle commerciale ni sur le plan des coûts au Canada : la prochaine étape passe par la poursuite de la recherche-développement et des projets de démonstration, et non par le seul déploiement.
Le fer réduit directement à l'hydrogène n'est pas concurrentiel sur les coûts, et les solutions de rechange quasi sans émissions au haut fourneau et à l'aciérie à oxygène restent précommerciales.
Les cycles de remplacement limitent les moments où l'on peut changer la technologie d'équipements qui durent plusieurs décennies.
La ferraille disponible ne peut à elle seule répondre à la demande d'acier, et sa qualité limite ce qui peut être recyclé.
Même les projets à l'échelle de la démonstration manquent d'intrants pour avancer aujourd'hui.
La hausse des coûts liée aux tarifs et à la surproduction mondiale se heurte à une faible disposition à payer pour de l'acier vert.
Cette contrainte freine précisément la montée en puissance du fer réduit à l'hydrogène, indépendamment de celle liée à la ferraille.
Les ajustements carbone aux frontières ont un effet limité si les grands pays producteurs et importateurs ne les adoptent pas eux aussi.
Répondre à la demande éventuelle de l'ensemble du secteur suppose un développement de grande ampleur, à plus long terme.
L'étape-pont au gaz naturel risque de ne jamais être remplacée par l'hydrogène.
Des définitions variables d'un acheteur à l'autre fragilisent les ententes d'achat.
Émissions totales de GES et émissions par tonne produite.
Production issue des filières du fer réduit à l'hydrogène, du captage et stockage du carbone et de l'électrolyse d'oxydes fondus.
Rythme de la sortie des aciéries intégrées
En découplant la production de fer, le Canada peut exporter du fer produit à l'hydrogène vers des régions dont l'électricité propre sert à fabriquer l'acier.
Les acheteurs qui ont des cibles d'émissions sur le cycle de vie recherchent de l'acier à faibles émissions, même si la compétitivité des coûts demeure préoccupante.
Une meilleure collecte, un meilleur tri et une valorisation accrue retiennent plus de valeur matérielle et réduisent la dépendance au minerai primaire et aux importations.
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