Le rôle de l’agriculture et de l’agroalimentaire dans la transition carboneutre diffère de celui de la plupart des autres secteurs : les émissions sont largement biologiques et proviennent de la digestion et du fumier des animaux d’élevage, de l’usage d’engrais azotés et des processus des sols, le reste étant lié à la combustion des carburants à la ferme. Ces émissions se répartissent sur près de 190 000 fermes plutôt que de se concentrer dans quelques installations : aucune technologie unique ne mène donc ici à la carboneutralité. Les progrès dépendent de trois leviers qu’il faut empiler : réduire l’intensité d’émissions de la production animale tout en déplaçant graduellement une part de la consommation vers des protéines moins émettrices, revoir les pratiques culturales et la gestion des sols pour couper les émissions liées aux engrais et aux terres, et remplacer les combustibles fossiles utilisés à la ferme par l’électrification ou des carburants de remplacement.
Cette même dispersion rend les émissions difficiles à mesurer, à vérifier et à encadrer ferme par ferme, en particulier pour les sources liées aux sols et à l’élevage, qui varient selon la région, le climat et les pratiques. Les services publics de vulgarisation qui diffusaient autrefois les pratiques d’atténuation éprouvées ont été fortement réduits, et le Canada n’a toujours pas de feuille de route claire de décarbonation pour l’agroalimentaire, ce qui laisse les producteurs et les transformateurs sans signal clair sur où investir.
Les émissions sont largement biologiques et difficiles à réduire : elles exigent de multiples pratiques de décarbonation complémentaires.
L'empreinte de GES varie beaucoup pour un même produit : une pratique efficace dans une ferme ne se transpose pas nécessairement à une autre.
Les pratiques d'atténuation coûtent souvent cher au départ, et l'endettement des fermes et leurs marges minces limitent le capital disponible pour les adopter.
Aucun système de certification ne permet aux producteurs de tirer un avantage de prix d'une production moins émettrice.
Comme 60 % de la production est exportée, un changement de la consommation au pays ne réduit pas nécessairement les émissions agricoles.
Des programmes conçus autour de la stabilisation des prix et du volume d'exportation peuvent décourager involontairement des pratiques comme la diversification des cultures.
Les indemnités d'assurance récolte sont déjà passées de 1,9 G$ (2018) à 5,7 G$ (2023), et des effets plus importants sont attendus.
Les taux varient selon la région et le type de sol, et diminuent à mesure que les sols se saturent.
Sortir de la monoculture à intrants élevés constitue un changement structurel de plusieurs décennies, et non une solution à court terme.
Éviter la conversion des prairies, des tourbières et des milieux humides compte parmi les solutions climatiques naturelles les plus efficaces au Canada, et l'expansion agricole réduit ce potentiel.
Émissions par unité de production.
Teneur en carbone organique des sols suivis.
Part des combustibles fossiles dans l'énergie utilisée à la ferme et à la transformation.
Les importations canadiennes de produits biologiques ont dépassé les exportations de près de 330 M$ en 2020 : la production canadienne a de la place pour croître.
La base légumière du Canada pourrait soutenir une fabrication de protéines végétales à plus forte valeur, de la propriété intellectuelle et des exportations.
Croissance de l'agriculture de précision et des services de suivi et de vérification.
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