Les produits chimiques et les plastiques sont les matériaux de base de la société industrielle : on estime que 96 % des produits manufacturés en dépendent à un degré ou à un autre. La production se concentre en Ontario (45 %), en Alberta (25 %) et au Québec (16 %), près des matières premières fossiles et des capacités de fabrication. Ce qui rend le secteur particulièrement difficile à décarboner, c’est que le pétrole et le gaz fournissent à la fois la chaleur à haute température et les atomes de carbone et d’hydrogène qui se retrouvent dans les produits finis : décarboner l’énergie seule ne peut donc pas ramener le secteur à zéro.
Atteindre la carboneutralité exige de progresser sur quatre fronts à la fois : électrifier la chaleur de procédé et en changer le combustible, capter les émissions inévitables, substituer aux matières premières fossiles des matières recyclées, de la biomasse et du carbone capté, et réduire la demande de matière vierge par la conception des produits et la circularité. La plupart des technologies du côté de la production en sont encore au stade pilote ou à celui de la démonstration, et les installations sont à forte intensité de capital, avec des décennies entre les grandes fenêtres de réinvestissement. Pendant ce temps, la production mondiale de produits chimiques devrait tripler d’ici 2050 par rapport à 2010.
Le pétrole et le gaz fournissent à la fois la chaleur de procédé et le carbone et l'hydrogène incorporés aux produits : une énergie propre ne suffit donc pas à éliminer les émissions.
Les vapocraqueurs électrifiés, les matières premières de remplacement et le captage du carbone sont pour l'essentiel précommerciaux ou non rentables aujourd'hui.
Les installations sont déjà très optimisées et à forte intensité de capital, et des décennies séparent les fenêtres de renouvellement, que les programmes de financement ratent souvent.
Des prix du carbone incertains ou bas minent la rentabilité des investissements dans le captage et dans les rénovations à faibles émissions.
Seulement 7 % des plastiques jetés ont été recyclés en 2021, et la résine recyclée perd au jeu des prix face au plastique vierge dès que le pétrole et le gaz sont bon marché.
Maîtriser le rejet de plastiques, de réfrigérants et d'engrais dans l'environnement, ainsi que leurs effets persistants et bioaccumulables.
Les émissions liées à l'élimination des produits pourraient atteindre la moitié des émissions du secteur et se situent en grande partie hors des périmètres comptables actuels.
La biomasse durable, le carbone capté, la matière recyclée et l'électricité propre abordable sont en quantité limitée pour alimenter un marché en croissance.
Trouver les atomes de carbone dont la chimie a besoin une fois l'extraction fossile en déclin.
À mesure que la demande de carburants de transport baisse, les matières premières chimiques pourraient passer d'un produit secondaire à un produit principal du pétrole et du gaz, ce qui ralentirait la décarbonation.
Part de l'énergie du site fournie par l'électricité propre ou des combustibles à faibles émissions.
Part des intrants de production provenant de matières recyclées, de biomasse, d'hydrogène à faibles émissions ou de carbone capté.
Part des plastiques détournés de l'enfouissement.
La plupart des technologies de décarbonation sont encore peu matures : les déployer maintenant permettrait de bâtir une technologie et une expertise canadiennes plutôt que de les importer plus tard.
Les infrastructures de collecte, de tri et de retraitement récupèrent une valeur aujourd'hui enfouie.
Une production canadienne précoce à faibles émissions pourrait desservir les acheteurs qui ont des cibles d'émissions sur le cycle de vie.
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